« J’ai connu des monstres qui se disaient hommes. »
L'avis de Manon : Un château érigé d’or et de complots. Une princesse brûlant d’envie de faire ses preuves. Une tour interdite où sommeillent les représailles d’une fée. La folie d’un père qui s’allume dans le regard d’un roi. Et une plume intense et puissante pour raconter ce conte d’autrefois.
"Les lilas du roi" d’Aude Ziegelmeyer se lit avec une urgence accrochée dans le ventre. Comme s’il était impossible de connaître la tranquillité tant que la princesse Blanche ne serait pas sauvée. Ainsi l’on tourne les pages, emporté, sans pouvoir s’arrêter, même lorsqu’elles sont jonchées de détails cruels et sanglants.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, ces descriptions presqu’horrifiques ne font pas détourner le regard dans le sens où ils ne sont pas gratuits. Ces descriptions macabres expriment une rage profonde. Elles se font l’écho d’une violence. Une violence si indicible et impensable qu’elle transforme l’innocence en monstre.
A l’horreur de la situation, ripostent la féérie et la sororité. Ainsi une quête féministe s’élance dans ce décor sombre et poétique. Une quête portée par des révélations haletantes et des personnages si bien incarnés que notre mémoire refuse de les effacer une fois le livre refermé.
Ne reste plus qu’un parfum de lilas et une attente grandissante de lire le second tome pour combler leur absence.